Oreiller

Comment investir dans un meilleur sommeil ? Plusieurs choix sont possibles mais l’une des pièces de literie la plus recherchée est incontestablement l’oreiller. A mémoire de forme ou avec un garnissage végétal, tout en passant par le gonflant de ceux rembourrés en duvet, sélectionner un oreiller qui nous convient s’avère difficile.

Nous avons passé beaucoup de temps à étudier cette pièce de literie. Nous avons épluché la littérature scientifique, déconstruit les mythes, contacté les fabricants français, et effectué nos tests en magasin et chez nous. Nous dévoilons dans le présent guide le résultat de nos recherches et nos suggestions pour accompagner nos lecteurs dans un choix durable. Souhaitons enfin la bonne nuit aux douleurs cervicales et bonjour à un sommeil sain.
Table des matières

Les grandes lignes de ce guide

Table des matières

Analyse sémantique du mot "oreiller"

Avant de vouloir trouver, prenons le temps de définir ce que l’on cherche. Que ce soit sur des sites de literie ou de revendeurs, il n’est pas rare de voir les mots « oreiller » et « coussin » être intervertis.

Il est vrai que les termes pour indiquer où notre tête se pose se ressemblent. Hélas, sursimplifier ces mots peut induire en erreur. Nous proposons dans les lignes ci-dessous un rapide tour d’horizon des différentes nominations.

Nous omettons volontairement ici le « traversin » et le « polochon ». Ces derniers se reconnaissent grâce à leur forme tubulaire qui occupent partiellement ou entièrement la largeur du lit.

Oreiller

Il s’agit du support sur lequel nous plaçons notre tête. De manière plus spécifique et comme son nom l’indique, un oreiller doit recevoir les oreilles, et elles uniquement.

Depuis sa création au Moyen-Orient, 7000 ans av. J.-C., son but a été de maintenir notre colonne vertébrale dans un bon alignement physiologique1,2. Autrefois réservé à une certaine élite sociale3, l’oreiller est aujourd’hui une pièce de literie incontournable dans tous les foyers. Aussi, au fil des siècles, son confort est amélioré.

C’est la raison pour laquelle on le trouve aujourd’hui rembourré avec plusieurs matières et sous diverses formes.

Coussin

Même s’il ressemble à l’oreiller, notamment à cause de ses dimensions, le coussin est avant tout un accessoire, et non une pièce de literie. Le terme est souvent employé comme le synonyme d’un oreiller, en particulier dans des pays voisins de la France, tels que la Belgique ou la Suisse4, mais il s’agit bien de deux pièces distinctes.

Le coussin peut être utilisé à plusieurs fins, le plus souvent esthétiques. On pourra par exemple en placer sur un canapé, pourquoi pas aussi sur un lit, et ce afin de décorer une pièce5. On pourra également en glisser derrière son dos pour améliorer le confort de son assise6. Dans certains cas, on parle même de « coussins de voyage7 » pour de longs déplacements.

Néanmoins, même s’il peut se trouver sur un lit, un coussin ne remplace pas à un oreiller. Contrairement à ce dernier, le coussin ne parviendra jamais à maintenir le bon alignement de la colonne vertébrale8.

Même si certaines maisons de luxe, telles que Yves Delorme ou Chiara Colombini, continuent de manufacturer des coussins haut de gamme9 qui pourraient éventuellement faire office de substituts aux oreillers, la majorité des options produites en grande distribution utilisent des matériaux de mauvaise qualité, souvent synthétiques, polluants, et qui plus est, peu durables.

Le coussin est davantage utilisé à des fins décoratives. Coussins de la marque Chiara Colombini. © Chiara Colombini

Étude du sommeil moderne

Nous dormons moins et mal

Nous dormons un tiers de notre vie10. Une activité importante dans une existence qui est négligée nuit après nuit. En effet, 1 Français sur 3 souffre de troubles du sommeil11. Malgré les confinements successifs liés à la COVID, nos habitudes n’ont pas été améliorées, comme l’atteste un sondage12 de l’IFOP (Institut Français d’Opinion Publique).

Des couchers plus tardifs, des levers plus matinaux, baisse de l’exposition à la lumière du jour, augmentation des écrans le soir ; obtenir un sommeil de qualité n’est pas simple dans notre monde moderne. Et pourtant, au même titre qu’une mauvaise alimentation ou un manque d’activité physique, négliger le repos expose un individu à des dérèglements physiopathologiques13,14, pouvant par exemple induire des problèmes de respiration ou de digestion. On peut donc, sans raccourcis, affirmer que correctement dormir contribue à une bonne hygiène de vie.

Selon l'Inserm, près d'un tiers de la population française est concernée par des troubles de sommeil. © Unplash

Mais s’endormir n’est pas forcément chose facile. Déjà en 2008, dans une étude15 menée par Santé publique France, 45 % de la population des jeunes adultes (i.e. 25-45 ans) considéraient ne pas assez dormir. Nous l’abordions dans notre guide sur comment choisir un masque de sommeil, de nombreuses conditions – parfois difficiles à mettre en place – sont à respecter pour obtenir une nuit de qualité.

A commencer par l’obscurité, la plus totale possible. Il s’agit de l’un des premiers critères à suivre dans une chambre à coucher. Cette absence de lumière permettra effectivement de sécréter de la mélatonine16, l’hormone qui facilite l’endormissement. Seulement, nous allons le voir, dormir dans le noir ne suffit pas.

L'importance d'une literie de qualité

Pour les recherches du guide présent, nous avons étudié la littérature scientifique française et anglophone. Dans cette dernière, nous avons remarqué que l’expression « sleep system » était couramment employée17,18, et même parfois reprise pour du contenu destiné au grand public19. Ces deux mots, que l’on peut littéralement traduire par « système de sommeil », désigne l’ensemble des éléments qui permettent à un individu d’obtenir une nuit de qualité.

Par exemple, outre l’obscurité, le bruit et la température de la chambre ont leurs influences et sont souvent évoqués dans les études. A ce propos, l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance), une association française, préconise une pièce entre 18°C et 19°C20.

Mais le « sleep system » va plus loin et mentionne l’importance de la literie, qui plus est de qualité. Nous parlons ici bien entendu du sommier, du matelas, des draps, et sans surprises, de l’oreiller. Car oui, si ce dernier est mal choisi, il engendrera torticolis21 et autres douleurs aux cervicales. Autant s’en prévenir.

Quel usage ?

Pour le sommeil uniquement

Les oreillers présentés dans ce guide sont avant tout destinés pour dormir. Ils ont effectivement pour vocation à maintenir correctement la colonne vertébrale tout au long de la nuit, et procurer au dormeur un certain confort, afin de favoriser son endormissement.

Dans le cas des oreillers de sommeil, nous pensons qu’ils ne sont pas adaptés à une position de lecture ergonomique. Contrairement au sommeil où seules les oreilles doivent être supportées, lors de séances de lecture, les épaules et le dos doivent eux aussi être soutenus. Même si deux oreillers de sommeil adossés l’un à l’autre pourraient suffire, une bonne posture de lecture ergonomique sera obtenue avec un oreiller spécifique.

Aussi, nous avons volontairement omis dans les lignes ci-dessous d’autres oreillers ergonomiques qui répondaient à des besoins très spécifiques, comme ceux destinés aux pratiquants du yoga ou aux femmes enceintes.

Pas adapté aux nourrissons

Notons enfin que les oreillers présentés dans ce guide, même si nous les avons choisis ergonomiques et non traités chimiquement, ne conviendront pas aux nourrissons et jeunes enfants.

Ces produits très particuliers sont en effet caractérisés par une épaisseur très faible, et ne doivent pas dépasser les 5 centimètres22. Les produits proposés ci-dessous dépassent cette hauteur.

Le mythe de la posture idéale universelle

Au Guide Qualité, nous n’avons pas pour vocation de détenir la vérité, mais nous tenons cependant à informer nos lecteurs de certains préjugés. Le premier d’entre eux est celui de la posture idéale universelle pour dormir. Cette dernière est populaire car elle laisse supposer qu’en changeant sa routine, nous pourrions obtenir un sommeil de très grande qualité et qu’aucune douleur n’apparaîtrait au réveil.

Au-delà des sentiments de culpabilité qu’il peut engendrer, ce mythe insinue qu’une personne doit changer ses habitudes pour mieux dormir (e.g. arrêter de s’endormir sur le ventre) et ainsi préserver sa santé. Nous sommes convaincus du contraire. La literie doit en effet être adaptée aux besoins du dormeur et pas l’inverse.

A noter que nous ne parlons ici ni des femmes enceintes, ni des gens souffrant d’apnée du sommeil ou ayant des reflux gastriques et autres pathologies. Dans ces cas bien spécifiques, changer ses habitudes aura bien entendu une importance capitale afin d’obtenir une bonne nuit et d’éviter l’apparition de maux au réveil.

L'immobilité nocturne inexistante

Lorsque nous parlons de « position idéale », qu’évoquons-nous exactement ? S’agit-il de la position d’endormissement ? Ou bien celles que nous avons au court de la nuit ? Car oui, entre le moment où nos yeux se ferment le soir et se rouvrent au matin, il y a un monde que nous ne contrôlons pas.

Ainsi, définir une position idéale laisserait supposer que nous ne bougeons pas pendant notre sommeil, ce qui est faux. En effet, il n’est pas rare qu’un dormeur change de positions en moyenne une trentaine de fois dans une nuit23, même si cette valeur tend à diminuer avec l’âge24. Cela s’explique par rapport à notre cerveau qui, toujours actif, va détecter l’apparition d’une douleur (e.g. un bras qui commence à être engourdi), et nous entraînera à trouver une nouvelle posture25.

Mais l’éventuelle corrélation entre la posture choisie et la présence de gênes dans le corps au réveil fascine toujours autant aujourd’hui. D’ailleurs, les études sur le sujet ne manquent pas. Dans les deux que nous avons lues26,27, toutes deux récentes, les auteurs affirment qu’il n’y a aucun lien entre la position choisie et les douleurs qui peuvent apparaître au réveil.

Un argument de vente avant tout

Mais alors pourquoi un tel engouement pour cette posture idéale ? Probablement pour des raisons de marketing. Effectivement, certains sites marchands donneront tous les arguments possibles pour vendre des oreillers ergonomiques en tous genres, soi-disant adaptés à toutes les habitudes. Ces derniers seront vendus très chers et ne dureront pas forcément dans le temps.

Dans l'ouvrage "SOS mal de dos", l'auteur met en garde face aux effets de mode, notamment des oreillers dits « ergonomiques ». © First Éditions
A ce propos, dans son ouvrage « SOS mal de dos28 », Frédéric Srour, kinésithérapeute et fondateur de l’organisme Kiné au Top, indiquait que « les oreillers ergonomiques ne conviennent pas à tout le monde, et de ne pas céder à la mode ».

La raison des douleurs

Rappel des courbes de notre colonne vertébrale

Il n’y a donc pas de position idéale pour dormir, mais bon nombre de personnes ont cependant des douleurs. Afin de comprendre leur provenance, un bref rappel de la constitution de notre colonne vertébrale est nécessaire.

Quand on regarde cette dernière de profil, on constate qu’il y a trois courbes : deux lordoses (i.e. courbe vers l’arrière du corps), une cervicale et une lombaire, ainsi qu’une cyphose (i.e. courbe vers l’avant du corps) dorsale29. Ces courbes sont illustrées dans l’image ci-dessous.

Les lordoses lombaires et la cyphose dorsale. © Inphysio

Un mauvais usage ou un oreiller inadapté

Alors comment expliquer les douleurs de certains ? Il y a plusieurs raisons à cela.

Certaines gênes proviennent d’inflammations au niveau de la colonne vertébrale. Elles sont dues à un manque d’activité et/ou à des efforts trop intenses. Dans ces cas, le sommeil ne représente pas la source des maux.

Les douleurs qui surviennent au réveil peuvent d’abord provenir d’un mauvais usage de l’oreiller.

  • Plusieurs personnes ont effectivement tendance à poser leurs épaules sur ce dernier car il est inadapté à leurs morphologies ou à leurs façons de s’endormir.
  • Aussi, d’autres dormeurs replient leurs oreillers parfois en deux car il est trop imposant dans le lit ou parce qu’il gêne le conjoint.

De telles surélévations de la tête pourront provoquer des douleurs aux cervicales.

Enfin, certaines personnes se réveilleront avec des sensations désagréables car l’oreiller choisi n’est pas adapté à leur position d’endormissement, ni à leurs habitudes de sommeil.

Le confort est le remède

On pourrait l’affirmer de cette manière : le dormeur ne doit pas s’adapter à l’oreiller, mais l’oreiller doit bien s’adapter au dormeur. Les habitudes de chacun étant toutes différentes, une posture idéale universelle relève donc de la fiction. Il en est de même pour l’oreiller adapté à tous et à tous les usages.

La posture saine est propre à chacun. Elle consiste en effet à garder son corps dans une position neutre, quelles que soient ses habitudes. Dit autrement, que notre tête s’enfonce ou non, du moment que nous arrivons à garder les lordoses et cyphose intactes précédemment évoquées, aucune douleur ne devrait apparaître.

C’est pourquoi il est important d’étudier son propre sommeil, d’identifier ses habitudes et sa morphologie, et de choisir son oreiller en conséquence. Le guide présent suit cette approche en misant avant tout sur la qualité de la literie tout en considérant les postures d’endormissement (i.e. sur le côté, sur le dos, et sur le ventre).

Vue d'ensemble des types de garnissage

Étudions à présent la diversité des matières utilisées dans la composition d’un oreiller. Car au-delà d’en choisir un ergonomique, le garnissage – aussi nommé « rembourrage » – est un point clé.

D’ailleurs, il s’agit selon nous du critère principal pour sélectionner un oreiller de qualité. En effet, avec un bon garnissage, cette pièce de literie sera confortable au quotidien et durera dans le temps30. A contrario, un mauvais rembourrage, qui plus est avec des matières toxiques, pourra se révéler néfaste pour la santé.

Nous l’évoquions plus haut dans notre analyse sémantique du mot « oreiller », le confort qu’on lui a accordé a évolué au fil du temps. Par exemple, les Grecs et les Romains utilisaient de la paille, des plumes et de roseaux, quand les Chinois employaient le bambou ou la porcelaine31.

De nos jours, il existe trois catégories de rembourrage pour un oreiller : les matières synthétiques, végétales et animales. Nous avons longuement étudié chaque type.

Synthétique

C’est avec ce type de rembourrage que nous avons vu apparaître sur nos lits des oreillers peu chers, à mémoire de forme, ou certains construits pour des besoins très spécifiques (e.g. des oreillers à encoches32).

Plus précisément, nous y trouvons ici les oreillers en polyester, en microfibres, en mousse à mémoire de formes et en latex, même si ce dernier matériau est à l’origine une substance liquide naturelle et non artificielle33. Certains fabricants utilisent parfois divers mélanges pour réduire les coûts.

Végétal

D’autres oreillers proposés sur le marché sont rembourrés de matières végétales. Nous pensons notamment aux balles de millet34 ou d’épeautre35, aux cosses de sarrasin36 et même au liège37. Certains constructeurs français, comme Les Cardalinnes ou Allupiera, proposent ce type de rembourrage.

Souvent fabriqués à la main en suivant une démarche écologique, ces oreillers présentent l’avantage de pouvoir obtenir un garnissage sur-mesure. L’acquéreur d’un tel produit peut en effet, à sa convenance, enlever ou rajouter de la matière. Aussi, le matériau de base utilisé pour le rembourrage est souvent recyclable, renouvelable, voire compostable. Ces facteurs permettent d’obtenir un oreiller avec une certaine longévité.

Il est à noter que les oreillers à rembourrage végétaux ne sont pas récents. Ils trouvent en effet leurs racines dans les traditions asiatiques38,39. Qu’il s’agisse de la Corée, du Japon ou de la Chine, ces pays possèdent de forts taux d’humidité40. La population a choisi ces matériaux végétaux en conséquence car ils offrent une bonne circulation de l’air et permettent d’éviter les chaleurs nocturnes41.

Naturel

Enfin, dans sa forme la plus traditionnelle, il existe les oreillers rembourrés de matières naturelles, autrement dit, animales. Nous pensons bien entendu à la plumette et au duvet, un ensemble qui aide les oiseaux à se protéger du froid. Il y a différents types de garnissage naturel, que ce soit avec du canard argenté ou blanc, d’oie ou même d’Eider, un duvet exceptionnel mais rare42.

Le garnissage naturel possède de nombreuses qualités ; que ce soit d’un point de vue régulation thermique, de respirabilité ou de longévité, un oreiller de ce type durera dans le temps et offrira un confort certain, voire inégalable.

Néanmoins, comme toute pièce de literie, le choix de duvet n’est pas une mince affaire. Nous reviendrons en détails sur ce rembourrage particulier dans l’un des paragraphes suivants.

Étude du garnissage synthétique

Le premier type de garnissage que nous avons étudié était celui avec les matières synthétiques. Et pour cause, il s’agit du rembourrage le plus répandu.

Le rembourrage le plus utilisé sur le marché

En effet, une étude43 de Fortune Business Insights indique que ces oreillers, en particulier ceux rembourrés polyester, sont les plus demandés par les consommateurs. Selon les auteurs, ils représentent aussi le rapport coût-rendement le plus intéressant pour les fabricants.

Une autre entreprise spécialisée dans les études de marché, Zion Market Research, montrait que le commerce de l’oreiller, tous rembourrages confondus, ne représentait pas moins de 13 milliards de dollars en 2022, et avoisinerait même les 20 milliards en 203044. Il n’est pas donc pas étonnant de voir de plus en plus de confectionneurs s’engager dans la voie du synthétique.

Peu d'avantages

Le principal avantage du garnissage synthétique est son prix : ces oreillers sont idéals pour les petits budgets45. On comptera en moyenne entre 30€ et 40€ pour un milieu de gamme, et autour des 90€ pour les modèles les plus qualitatifs46.

A titre de comparaison, les pièces de literie rembourrées en matières animales commencent autour de 100€ et peuvent grimper à des prix avoisinant les 500€ pour des modèles d’exception.

Il existe différents types de rembourrages synthétiques. Nous listons ci-dessous les plus courants :

  • En polyester : dérivé de la pétrochimie, les fabricants l’utilisent le plus souvent sous formes de fibres. Du silicone y est ajouté pour les rendre plus résistantes afin qu’elles durent plus longtemps47. Ce supplément artificiel permet aussi d’imiter le gonflant et le confort qui se retrouve sur un oreiller naturel.
  • En microfibres : version améliorée du polyester offrant des caractéristiques similaires48, quoiqu’un peu plus chère.
  • A mémoire de formes : star des oreillers synthétiques, il s’agit d’une mousse qui prend la forme exacte de la nuque. En effet, grâce à ses caractéristiques de viscoélasticité49, elle agit comme une pâte à modeler. Ces pièces de literie présentent l’avantage de s’adapter à tous types de morphologies. Ainsi, en fonction du poids de la tête, cette dernière s’enfoncera de manière ergonomique. Autrement dit, les points de pression au niveau de la nuque seront bien répartis, et les tensions musculaires réduites.
  • En latex : naturel ou synthétique, elle présente les mêmes avantages d’ergonomie que les oreillers à mémoire de formes. On préfèrera la version naturelle de ce matériau indiquée grâce à la présence du label Eurolatex.
L'avantage principal du garnissage synthétique est son prix. Il présente en contrepartie plusieurs inconvénients. © Mattress Clarity

Beaucoup d'inconvénients majeurs

Malgré un prix attractif et quelques avantages ergonomiques, nous pensons que ces oreillers synthétiques présentent des inconvénients qui nous semblent rédhibitoires.

La durée de vie de ces produits

Premièrement, les oreillers en polyester et microfibres vieillissent très mal. Pour ceux disponibles dans la grande distribution, il faudra en effet les changer en moyenne tous les 6 mois50. Cela sera nécessaire pour s’assurer que sa nuque soit maintenue dans une position ergonomique correcte.

Pour les oreillers à mémoire de formes ou en latex, la durée de vie augmente légèrement et se situe entre 2 et 3 ans51. A titre de comparaison, un oreiller naturel perd de son gonflant, et donc de son confort et de ses caractéristiques ergonomiques, après 7 à 10 ans d’usage sous réserve d’un entretien régulier.

Une étude comparative52 entre les rembourrages synthétiques et naturels menée par l’organisme indépendant Long Trail Sustainability montre que les plumettes sont en moyenne 33 fois plus durables que leurs alternatives synthétiques. Un rapport coût-rendement très certainement intéressant pour les fabricants, moins pour les dormeurs.

L'impact écologique

Deuxième inconvénient, l’impact écologique. Changer aussi régulièrement d’oreiller à cause d’une perte d’ergonomie ou éventuellement d’une mauvaise régulation thermique (cf. section ci-dessous) implique évidemment une emprunte nocive et non négligeable sur l’environnement.

Toujours selon cette étude de Long Trail Sustainability, à tonne équivalente, le duvet a un impact de 85 à 97% inférieur à celui du polyester. Une autre comparaison est explicitée : le rembourrage naturel a un impact sur le réchauffement climatique 18 fois inférieur par rapport au rembourrage synthétique.

Ce constat alarmant n’est pas étonnant quand on sait que la plupart de ces matériaux synthétiques, notamment le polyester, sont des dérivés de la pétrochimie53. Rappelons qu’ils mettront entre 200 à 400 ans pour être complètement dégradés dans la nature54.

Le manque de respirabilité

Troisième inconvénient, nous l’évoquons aussi dans notre guide sur le masque de sommeil, mais quand il s’agit de literie, nous aimons privilégier les matières naturelles. Ce choix s’explique par le fait que notre peau a besoin de respirer afin que notre corps puisse réguler sa température. Notre organisme a effectivement besoin de perdre entre 0.5 et 1°C pour un bon endormissement55.

Or, les matériaux synthétiques ne favorisent pas une bonne respirabilité56 ; au contraire, ils tiennent chaud. Nous pensons notamment au latex. Afin que la nuit se déroule sans sueurs, les fabricants sont obligés de le perforer pour qu’il y ait des passages d’air57. Malheureusement, ces derniers sont rarement suffisants et des chaleurs nocturnes peuvent apparaître et déranger pendant la nuit.

Aussi, ce rembourrage non naturel est un environnement propice aux acariens. Organismes microscopiques pouvant être de grands ennemis pour beaucoup, nous tenions à le préciser. Ces animaux microscopiques de la famille des araignées aiment particulièrement la chaleur, l’humidité et l’obscurité58. Hélas, plus le matériau sera synthétique, moins il sera ventilé, moins il y aura d’aération. Ce manque entrainera un taux d’humidité plus élevé, donc une plus grande chaleur. Il n’est donc pas étonnant qu’au bout de quelques années, 10% du poids d’un oreiller synthétique correspondent à des acariens morts59.

L'impact sanitaire

Le dernier inconvénient, et non des moindres, représente la santé. Nous dormons en moyenne près de 7 heures par nuit en France60. Nous respirons donc les substances qui peuvent émaner de notre oreiller. Et quand on prend conscience de celles qui peuvent s’y trouver, cela donne à réfléchir.

Dès 2012 déjà, le magazine 60 Millions de consommateurs alertait sur la présence de substances nocives, voire carrément toxiques pour certaines, pour notre santé dans nos couettes et nos oreillers synthétiques61.

Mais elles semblent pourtant nécessaires. Par exemple, quelques-unes des matières utilisées pour ce type de rembourrage sont inflammables ; l’ajout de produits anti-feux est alors indispensable lors du processus de confection afin de respecter les normes européennes liées à la réduction d’incendies62 (e.g. la norme M1/B1).

Aussi, certains constructeurs jouent la carte de la transparence en adossant des labels, comme ceux des standards Oeko-Tex, ou les méthodes utilisées pour l’expansion de la mousse, en mentionnant par exemple l’absence de colle et d’agents propulseurs comme les chlorofluorocarbures (CFC).

Néanmoins, qu’il s’agisse de la présence des substances tout juste évoquées, de perturbateurs endocriniens comme le tristement célèbre acide perfluorooctanoïque (PFOA), ou d’insecticides parfois très puissants, les fabricants semblent être toujours peu regardant, ni soucieux envers le bien-être de leurs clients63 du moment que le profit est là.

"Perturbateurs endocriniens" est un des ouvrages mettant en avant la présence de substances nocives dans nos literies synthétiques. © Les Éditions Buchet-Chastel

Rappelons que ces comportements peu moraux de leurs parts ont eu, et ont toujours, un impact épouvantable sur notre santé, notamment sur celle des plus jeunes, et plus gravissime, sur celle des bébés64. Les autrices Marine Jobert et François Veillerette, dans leur ouvrage « Perturbateurs endocriniens ; la menace invisible65 », sorti en 2015 et toujours disponible aux éditions Gallimard, indiquent à quel point nos systèmes hormonaux peuvent être bouleversés66. Une autre étude67 de l’Institute of Epidemiology and Social Medicine, basé en Allemagne, montre que les nouveaux nés dormant dans une literie composée de matériaux synthétiques sont plus susceptibles de développer de l’asthme au court de leur vie.

Nous ne souhaitons pas suivre le même chemin. Comme nous le mentionnons dans notre définition de la qualité ainsi que dans notre page Notre Philosophie, un impact sanitaire néfaste sur le consommateur ne représente en aucun cas, pour nous, un bon investissement, et encore moins un produit de qualité.

Qu'en dit la science ?

Afin de savoir si nous devions garder le rembourrage synthétique dans notre sélection finale d’oreillers, nous avons aussi épluché la littérature scientifique. A notre surprise, nous n’avons trouvé aucune étude permettant de démontrer la supériorité d’un matériau par rapport à un autre, notamment synthétique versus naturel. Le physiothérapeute canadien Denis Fortier a fait d’ailleurs le même constat68.

Il semble y avoir cependant un consensus sur le fait que le latex soit la meilleure des matières synthétiques pour réduire les douleurs cervicales69,70,71. Nous n’avons cependant trouvé aucune preuve que cette matière en particulier était mieux que le duvet.

Un mot sur les oreillers technologiques

Nous l’avions déjà constaté lors de nos recherches pour notre guide sur le masque de sommeil, certains fabricants incorporent la technologie dans leurs produits, même pour notre sommeil. Il existe en effet des oreillers électroniques avec des capteurs72.

Ainsi, il n’est pas rare de voir de nos jours des oreillers avec des haut-parleurs, d’autres équipés d’une fonction réveil ou anti-ronflements73. Quelques-uns sont même capables d’analyser les différents cycles de notre sommeil74 (cf. image ci-dessous).

Le iX21® Smartpillow est un exemple d'oreiller connecté, permettant d'enregistrer les différents cycles de sommeil. © iX21

Une autre option, moins connectée, concerne les oreillers thermorégulateurs. Ces derniers disposent d’une couche de gel afin d’assurer une certaine fraîcheur durant la nuit. Nous pensons notamment au modèle « PPC CPAP à encoches75 » du fabricant français Renight Store.

Nous n’avons testé aucun de ces oreillers high-techs. Même si nous pensons que l’intention de vouloir améliorer la qualité du sommeil est louable, nous nous posons tout de même la question de savoir si ces fonctionnalités sont nécessaires. Nous n’avons aussi aucun recul sur la longévité de ces produits. Enfin, comme nous l’expliquons dans la page Notre Philosophie, nous essayons, autant que faire se peut, de privilégier des produits durables et sans électronique.

Néanmoins, selon nous, nous pensons que si ces solutions technologiques peuvent répondre aux problématiques de certains, pourquoi ne pas les considérer. Nous sommes cependant convaincus que les oreillers que nous proposons dans nos guides répondront aux besoins du plus grand nombre.

Enfin, nous voudrions rappeler que Le Guide Qualité n’a pas vocation à prodiguer des conseils de santé. En cas de doute, il est préférable de faire appel à un professionnel plutôt qu’à une solution technologique, aussi perfectionnée soit-elle.

Étude du garnissage végétal

Même s’ils représentent une partie beaucoup moins importante que les oreillers synthétiques sur le marché76, le garnissage végétal est une alternative intéressante à considérer.

Néanmoins, nous n’avons sélectionné aucune de ces pièces de literie dans notre sélection finale pour les raisons suivantes :

  • Traçabilité des traitements: tout comme les rembourrages synthétiques, il est difficile de connaître ou non la présence de traitements chimiques. Même si certains oreillers végétaux sont estampillés du label Agriculture Biologique (AB) ou similaire, d’autres n’en ont aucun. Ces derniers pourraient, à long terme, nuire à la santé du dormeur77.
  • Manque de moelleux: balles de millet pour un maintien souple, balles d’épeautre pour un confort mi-ferme, les options ne manquent pas78. Bien que le matériau de rembourrage puisse être choisi et ajusté sur-mesure, nous pensons que le manque de moelleux induit peut créer des douleurs aux cervicales. Il s’agit d’ailleurs d’une des raisons majeures pour laquelle les oreillers végétaux ne sont pas recommandés aux personnes dormant sur le ventre79.
  • Lourds: oublions tout de suite le poids plume car les oreillers végétaux sont lourds. Certains modèles en épeautre, par exemple, avoisinent les 2 kilogrammes80 lorsqu’un oreiller synthétique ferme (i.e. avec une densité équivalente) pèsera moitié moins81. Nous pensons que ce manque d’aspect pratique pour le quotidien peut être frein pour l’entretien, comme lors du changement de la taie.
  • Bruyants: nous l’évoquions quelques paragraphes plus haut, le silence représente l’un des critères physiques d’une chambre à respecter afin d’obtenir un sommeil de qualité. Or, du fait de leur composition, les oreillers végétaux peuvent générer du bruit lorsque le dormeur bouge82. Cela peut potentiellement entrainer des réveils non voulus.
Les oreillers au garnissage végétal peuvent être bruyants et lourds, mais présentent l'avantage de pouvoir avoir un garnissage sur-mesure. © Mattress Clarity

Étude du garnissage naturel

Dernier type de garnissage que nous avons étudié. Le rembourrage des oreillers avec des matières naturelles est très ancien. Ses premières origines remontent au XIVᵉ siècle où il n’était réservé qu’aux nobles. 500 ans plus tard, il fut démocratisé dans différentes pièces de literie. De nos jours, certains fabricants, notamment français, proposent des oreillers au garnissage naturel avec une qualité mondialement reconnue.

Plumes et duvet

Le garnissage naturel est composé de plumes et de duvet. Chacune de ces structures physiques possède des propriétés qui lui sont propres. Explications.

  • La plume : il s’agit d’une structure organisée qui contient une tige, aussi appelée « rachis »83. Cet axe est essentiel car il permet de ramifier de la matière ; des filaments, aussi nommés « barbes », y sont attachés. Mais les tiges, si elles sont présentes en grand nombre dans la composition du garnissage, peuvent devenir gênante pour le dormeur. On pourra en effet les ressentir à travers l’enveloppe de l’oreiller. A noter enfin que ces plumes, si elles sont de petites tailles, sont appelées « plumettes ».
  • Le duvet: plus déstructuré que la plume à cause de son absence de tiges, on pourrait presque le qualifier de « flocon ». Il y a effectivement un noyau autour duquel des fibres sont rattachées. Cette composition physique particulière fait de lui un excellent isolant thermique. Qu’il s’agisse du canard ou de l’oie, le duvet pousse sur le poitrail d’un oiseau en pleine saison de reproduction et ne représente en moyenne que 10% de son plumage, ce qui en fait une matière précieuse84.

La plume n’a aucune vertu calorifique, n’apporte aucun gonflant. Elle apporte seulement du poids85. Le duvet, s’il est présent, confère à l’oreiller une souplesse et un gonflant et peut fournir de la chaleur. Ces structures ayant chacune leurs avantages, c’est la raison pour laquelle il existe des garnissages mixtes (e.g. 50% duvet, 50% plumettes). Nous revenons sur ce point en particulier dans nos critères de sélection.

Ces deux éléments permettent également d’obtenir des sensations de légèreté et d’enveloppement tout en emmagasinant un volume d’air conséquent86. Cette dernière caractéristique permet d’obtenir une très bonne régulation thermique ; la peau peut ainsi mieux respirer durant la nuit.

La qualité avant tout

Qu’est-ce qui fait qu’un duvet est de qualité ? Car tous ne se valent pas. En réalité, il s’agit d’une suite de conditions qui doivent être appliquées tout au long du processus de fabrication et qui seront déterminantes sur le niveau de qualité. Ce processus n’a pas besoin d’être complexe, mais il doit être transparent. Nous avons étudié cette fabrication et en détaillons les grandes étapes ci-dessous.

Sélections et conditions d'élevage irréprochables

La production du duvet commence ici. Afin d’en obtenir un de qualité, les conditions d’élevage se doivent d’être irréprochables car certaines pratiques, pouvant presque être qualifiées de « barbares », ont été commises envers les animaux.

Nous pensons notamment aux horreurs de la plumaison à vif (i.e. l’oiseau est vivant lorsqu’on lui enlève ses plumes). Ce procédé fut interdit dès les années 90 dans l’Union Européenne87. Il est malheureusement encore utilisé dans certains pays aujourd’hui, comme en Hongrie et en Pologne88. La Chine n’est pas en reste, car elle est l’un des plus grands producteurs de duvet d’oie au monde89.

Le label « Origine France Garantie » permet d’obtenir la traçabilité de l’origine des oiseaux servant à produire le duvet de notre literie. © Origine France Garantie

De telles méthodes sont employées pour mettre en vente des produits à faibles prix. Aussi, comme souvent, la course à la rentabilité se fait au détriment de la qualité ; il n’est donc pas étonnant de constater que le duvet provenant des pays juste cités est médiocre. Cela s’explique car les animaux élevés, notamment les oies, n’ont pas une croissance saine et ne vivent pas longtemps. Or, plus l’oie est âgée, plus elle sera grosse, plus son duvet sera confortable et durable90.

C’est la raison pour laquelle nous avons uniquement choisis des entreprises françaises dans notre sélection. La présence des labels a aussi fait partie de nos critères. Nous avons par exemple sélectionné des fabricants ayant le label Origine France Garantie, permettant d’obtenir la traçabilité de l’origine des oiseaux, ainsi que d’autres certifications liées à l’absence de plumaison à vif. Nous pensons notamment aux labels Downpass et Responsible Down Standard (RDS), tous deux reconnus au niveau international91.

Le traitement appliqué

Vient ensuite le traitement des plumes. Nous avons voulu comprendre les différentes étapes de cette partie du processus global.

Dans un article comparatif92 entre le rembourrage synthétique et naturel pour les doudounes, le site de mode masculine BonneGueule expose les conditions d’un bon traitement. Elles ont été fournies par Christophe Capellot, gérant de Transplume, un producteur de duvet français. Ces prérequis ont représenté pour nous un excellent point de départ.

Nous avons ensuite exploré d’autres sites de producteurs (e.g. Établissements Abel Crabos) ainsi que ceux des fabricants de pièces de literie avec du duvet français mais aussi suisses (e.g. duvetsuisse) afin de confirmer les dires de notre première source.

De ce que nous avons retenu pour obtenir un traitement des plumes de qualité, voici les étapes qui apparaissent être indispensables.

  • Réception des plumes. Une fois les plumes prélevées, elles sont reçues en matière brute par le producteur ou le fabricant. Elles sont chargées d’eau, sont souvent très humides, et contiennent aussi de la graisse93.
  • Prélavage. Il s’agit d’agir vite après leur réception car les plumes doivent être rapidement traitées. En effet, au-delà de 4 heures, elles auront tendance à se dégrader et à perdre leurs caractéristiques physiques94. Les plumes sont donc immergées dans des bains d’eau et alors lavées plusieurs fois afin d’être soigneusement rincées.
  • Essorage et séchage. Après avoir été essorées, les plumes sont par la suite séchées à 100°C à l’étuve, un appareil permettant de maintenir une certaine température, parfois plus.
  • Pré-triage. Les plumes sont ensuite triées par ventilation. Ici, une sélection est faite en fonction de la taille ; les grosses plumes, inutilisables en literie, sont séparées des plus petites. Mais rien ne se perd. En effet, les plumes les plus imposantes seront utilisées pour l’agriculture biologique car elles constituent un excellent engrais naturel ; les plus petites seront quant à elles destinées à l’industrie du textile95.
  • Lavage. Les plumes destinées à la production d’oreillers et de couettes subissent un nouveau lavage dans des machines spécialement développées à cet effet.
  • Dépoussiérage. Elles sont ensuite dépoussiérées. Cette étape est fondamentale pour prévenir des allergies.
  • Triage. Un processus de sélection est ensuite effectué à l’aide de trieuses. Ici, les plumes sont classées par densité en différentes catégories à l’aide d’un système de dépression d’air. C’est durant cette étape que les flocons seront séparés des plumes.
  • Stockage. Enfin, les plumes et duvet sont conditionnés en sacs, prêts à l’emploi.
Le processus pour obtenir un duvet de qualité est constitué de plusieurs étapes indispensables et est presque un art en soit. © Universal Works

Duvet d'oie ou de canard ?

L'oie, un animal de luxe

Beaucoup d’oiseaux possèdent du duvet et des plumes. Contrairement à celles des poules qui sont de tailles imposantes, nous recommandons de privilégier les plumes d’oies et de canards, car ces dernières sont plus petites et bombées et donnent un meilleur gonflant.

Mais oies et canards ne se valent pas. En effet, le duvet d’oie est considéré comme étant plus luxueux, et donc plus cher. Cela s’explique par rapport au nombre de ces oiseaux en élevage ; les canards sont plus nombreux que les oies, donc moins rares.

Le duvet d’oie est aussi souvent rapporté comme étant naturellement plus dense et plus résistant96. Ainsi, pour un confort thermique équivalent, le garnissage en duvet d’oie sera inférieur en grammage par mètre carré par rapport à celui du canard.

Attention aux conclusions hâtives

Mais qualifier automatiquement le duvet d’oie comme étant un produit noble, plus fiable et plus durable serait une conclusion un peu hâtive. Nous avons hélas constaté cela sur des sites comparatifs, n’ayant probablement pas étudié le sujet en profondeur, comme ce que nous avons essayé de faire pour ce guide.

Nous l’avons vu précédemment dans le processus pour obtenir un duvet de qualité, la sélection et les conditions d’élevage des oiseaux se doivent d’être irréprochables. Car pour que le duvet d’oie ait toutes les vertus (i.e. plus de gonflant, tienne chaud), il faut que l’oie puisse grandir convenablement et sainement.

A maturité égale, l’oie est de taille supérieure au canard. Et plus l’oiseau est grand, plus l’oreiller est gonflant. Hélas, les oies viennent souvent de pays étrangers97, et non de France. Ainsi, un duvet d’oie produit dans certaines régions du monde n’a aucune garantie d’être plus pertinent qu’un duvet de canard français.

Les fabricants français ont choisi

Oui, le duvet d’oie pas forcément mieux que le duvet de canard. Les fabricants français le savent bien. Il n’est donc pas surprenant de les voir privilégier des canards ayant bénéficiés de conditions qui ont favorisé leurs croissances, plutôt que d’importer des oies malmenées pour des soucis de rentabilité. C’est ce que fait par exemple la manufacture française Castex, basée à Dax, dans le sud-ouest de notre pays.

C’est aussi le cas de Pyrenex, un autre fabricant établi en France, plus précisément dans la commune de Saint-Sever dans les Landes. Cette entreprise a développé un duvet de canard qui surpasse les caractéristiques des duvets d’oie98 : le Legend 1859.

Le mythe des allergies

Venons-en à présent à un débat qui n’en finit plus quand on parle de duvet ; les allergies. Il s’agit de l’argument phare pour favoriser les oreillers avec un garnissage. Mais à qui la faute ? Au duvet ? Aux plumes ? Tout comme le cliché de la posture idéale universelle pour dormir, nous déconstruisons le mythe qui entoure le duvet.

La source n'est pas le duvet

Les sites des fabricants que nous avons sélectionnés mentionnent qu’aucune allergie liée au duvet n’est possible. Résultat peu étonnant, voir logique étant donné qu’il s’agit de leurs commerces.

Castex, par exemple, indique effectuer les différentes opérations de traitement imposées par les normes sanitaires européennes afin d’avoir un produit sain99. Pyrenex va plus loin en indiquant que la plume et le duvet ne contiennent rien d’allergène, précisant qu’ils sont tous deux composés de kératine. Il s’agit d’une famille de protéines, présente dans nos ongles et nos cheveux, qui en sont d’ailleurs composés à près de 95%100. Alors, comment la kératine faisant partie de l’être humain pourrait nous rendre malade ?

Les conclusions de la littérature scientifique

Malgré les dires des entreprises citées, nous souhaitions tout de même en avoir le cœur net. Nous avons donc regardé ce qu’en disait la littérature scientifique.

En 1998, une étude finlandaise101 montrait que de véritables allergies au duvet et aux plumes pouvaient éventuellement exister. Aucune ne fut cependant trouvées. De plus, les auteurs indiquaient que même si de telles allergies pouvaient être présentes chez l’individu, il s’agirait de cas rares et extrêmes.

En effet, sur les 269 patients adultes testés, moins de 0,5% d’entre eux ont présenté des symptômes d’allergies cutanés ou de problèmes respiratoires après avoir utilisé des oreillers en duvet. L’étude va même plus loin en affirmant que le véritable coupable des symptômes juste évoqués serait en réalité la poussière ou les acariens, et non nos précieux flocons.

Une étude plus récente102 datant de 2002 montre que la prolifération des oreillers à garnissage synthétique, au détriment de l’utilisations d’oreillers naturels, n’est pas en adéquation avec la montée de l’asthme chez l’être humain, notamment les enfants. Une méta-analyse103 va même plus loin ; elle recommande d’utiliser les oreillers et couettes au garnissage naturel chez les jeunes enfants afin de les prémunir des particules allergènes présentes dans la literie synthétique.

Pourquoi un tel rejet du duvet ?

Même si nous n’avons trouvé aucune preuve scientifique mettant en avant les plumes et le duvet comme sources d’allergies, ces dernières sont bien présentes dans l’imaginaire collectif. A quoi est-ce dû ?

Nous pensons d’abord que cette erreur est souvent un raccourci intellectuel. Une personne va par exemple développer des symptômes d’allergies alors qu’elle dort sur un oreiller en plumes et duvet. Elle va se débarrasser de ce dernier et les symptômes disparaîtront. Le coupable était la literie naturelle. Cela suffit-il pour en faire une vérité universelle ? Probablement pas.

Aussi, nous pensons que ce cliché vient de publications scientifiques datées, financées par des industriels produisant des oreillers au garnissage synthétique et voulant rivaliser avec leurs homologues naturels. A ce propos, une étude104 datant de 2019 mettait en avant une nouvelle méthode pour tester les éventuels impacts du garnissage naturel sur l’individu, cette dernière se voulant davantage transparente par rapport aux processus employés dans le passé.

Face à ce rejet infondé du duvet, il n’est donc pas étonnant de voir des marches arrière, et que des médecins ou scientifiques recommandent aujourd’hui des oreillers naturels plutôt que synthétiques aux personnes allergiques, comme ce que fait l’EFDA (European Down and Feather Association)105.

La poussière et les acariens, les coupables

Il y a cependant bien des cas de gênes. Éternuements, sensations d’avoir les yeux rouges, voire des difficultés à respirer, ces symptômes existent chez certaines personnes à cause de la literie.Cependant, ils ne viennent pas des plumes, ni du duvet, mais de deux autres facteurs ; la poussière et les acariens. Explications.
  • La poussière. Elle est la première source des gênes. Dans le cadre d’un garnissage naturel, il peut d’ailleurs s’agir de la poussière de duvet. C’est la raison pour laquelle, comme nous l’avons expliqué lorsque nous avons abordé le traitement du duvet, il est impératif que ce dernier soit bien lavé, séché à haute température – donc stérilisé – puis dépoussiéré106. Il devient ainsi hypoallergénique.
  • Les acariens. Seconds coupables. Certaines personnes peuvent être effectivement allergique aux acariens, plus particulièrement à leurs déjections. Nous l’avons vu dans notre étude sur le garnissage synthétique, ces organismes prolifèrent rapidement dans ces matières à cause d’un manque de respirabilité. A l’inverse, les plumes et le duvet permettant une bien meilleure évacuation de l’humidité, cet environnement leur est plus hostile ; ils se développent donc moins vite107.
Le duvet est souvent désigné comme la source d'allergies, mais il n'en est rien. Les coupables sont bien la poussière et les acariens. © Unplash

L'importance de l'enveloppe

L’une des dernières choses à considérer lors de la sélection d’un oreiller à garnissage naturel est son enveloppe. Nos lecteurs nés au courant du XXe siècle se rappelleront de ces oreillers où l’on s’amusait à retirer les plumes à la main. Ici, l’objectif est de s’assurer que le duvet ne puisse pas s’échapper et d’empêcher les acariens de s’infiltrer dans le garnissage.

Ainsi, afin d’avoir un oreiller avec des qualités anti-allergènes renforcées, on prendra soin d’en choisir un avec une enveloppe construite en matériaux naturels, comme le pur coton.

Cette couche de tissu entre la tête et le garnissage est en réalité la première barrière antiacarienne108.

Il existe différents tissages (i.e. en toile, en sergé, en satin, ou en jacquard) ainsi que différentes finitions (i.e. bourdon, double piqûre, passepoil, couture retournée, cassette, entretoise intérieure)109. Nous ne détaillerons pas ces options car il s’agit davantage de préférences esthétiques que de réels apports anti-allergènes.

Néanmoins, nous souhaitons mentionner que le plus important est la densité du tissage, qui est calculée en fonction du nombre de fils/cm². Plus ce nombre sera élevé, plus le toucher sera fin, léger et doux. La valeur minimale pour une enveloppe de qualité est de 78 fils/cm², idéalement une valeur avoisinant les 100. Notons aussi que tous les tissages évoqués n’entravent en rien l’aération du duvet.

Un entretien nécessaire

Enfin, rappelons brièvement que l’entretien de sa literie a bien entendu son importance. Quelle que soit la pièce choisie, synthétique ou avec le meilleur duvet du monde, si elle est laissée à l’abandon, elle deviendra un nid à bactéries.

C’est la raison pour laquelle il est recommandé d’aérer sa chambre chaque matin, idéalement entre 5 et 10 minutes, en découvrant totalement l’ensemble de sa literie110. A ce propos, nous avons consacré une section dédiée à l’entretien des oreillers à garnissage naturel à la fin de ce guide.

Le duvet Eider, le meilleur duvet au monde

Nous ne pouvions pas aborder les oreillers à garnissage naturel sans évoquer le duvet Eider111. Car au-delà d’être un produit de luxe – on pourrait même parler ici d’ultra-luxe – il est extrêmement rare, mais son histoire nous semble fascinante.

Il fut découvert il y a près de onze siècles en Islande112. Aujourd’hui, la quantité de duvet produite est d’environ 3 tonnes par an, ce qui représente 0.5 à 1% de la production mondiale de duvet, ce qui en fait donc un produit très cher.

Il est prélevé des nids des canards de l’espèce somateria mollissima113. Ces derniers vivent dans des milieux maritimes côtiers autour du cercle polaire. La composition physique de ce duvet possède des capacités d’isolation extraordinaires, permettant à ces oiseaux de nager dans de l’eau à des températures très basses.

Le duvet Eider est le meilleur au monde, grâce à ses caractéristiques extraordinaires. Produit en très faible quantité, il est également extrêmement onéreux. © King Eider

Le duvet Eider est aussi synonyme d’une petite économie. Il existe seulement 400 fermiers dans le monde s’occupant de récolter et de traiter ce duvet à la main114. Beaucoup de lois ont également été mises en place afin de protéger ces canards. Il est par exemple interdit d’en faire élevage ou de vendre leurs œufs.

Duvet neuf uniquement

Avant de clôturer notre étude sur le garnissage naturel, nous tenions à mentionner que tous les oreillers de ce type mentionnés dans nos guides sont avec du « duvet neuf ». Ces deux mots signifient que les fibres n’ont été altérées en aucune manière115.

Le fait que le duvet soit vierge permet d’assurer que les caractéristiques gonflantes et thermorégulatrices restent intactes. Si la mention « duvet neuf » n’est pas mentionnée sur une pièce de literie, ou que les appellations « duvet couché » ou « duvet éco-responsable » sont indiquées, cela peut signifier qu’il s’agit d’un duvet de récupération et qui a été reconditionné116.

Notre choix final de garnissage

Nous avons choisi le duo plumettes-duvet. Le garnissage a été pour nous le premier critère qui nous a servi à sélectionner les oreillers que nous voulions recommander. Il a aussi été le plus difficile car la quantité d’informations à traiter était conséquente, parfois indigeste.

Ces dernières années, nous avons pu tester des oreillers synthétiques et naturels, et les oreillers naturels ont battu leurs homologues à tous points de vue. Nous apprécions le duvet car lorsqu’il est bien choisi, il est doux, respirable, mais aussi sain et durable, et offre un confort inégalé117
117.

Nous n'avons retenu que les oreillers au garnissage naturel dans notre sélection. © Mattress Clarity

Par conséquent, au risque de surprendre éventuellement plus d’un de nos lecteurs, nous avons écarté de notre sélection finale les oreillers synthétiques, technologiques et végétaux, et avons uniquement mis en avant des oreillers naturels, qui plus est produits par des fabricants français. Il s’agit d’une décision réfléchie que nous assumons.

Enfin, nous ne mentionnons pas d’oreillers traités spécifiquement contre les acariens. Car, comme nous l’avons vu quelques paragraphes plus haut, le duvet, tant et si bien qu’il soit neuf, de qualité, et contenu dans une enveloppe avec un tissu naturel serré, ne sera pas un terrain viable pour des acariens. Nous craignons aussi que ces traitements contiennent des insecticides, même si certains labels, comme GreenFirst, assurent l’absence de telles substances chimiques118.

Les fabricants sélectionnés

L’oreiller est probablement la pièce de literie qui a contribué à notre envie de créer Le Guide Qualité (cf. Notre Histoire). Car, à notre grande surprise, trouver du duvet de qualité en France est chose possible. Nous ne pouvons pas énumérer toutes les maisons et avons sélectionné uniquement celles qui proposaient des produits correspondant à nos critères.

Nos 3 fabricants sélectionnés, Pyrenex, Castex et Drouault, ont tous les trois étés fondés il y a presque deux siècles et sont certifiés EPV.
Nous avons sélectionné trois fabricants : Pyrenex, Castex, et Drouault. Tous les trois sont certifiés avec le label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant)119,120,121 et ont été fondés au cours du XIXe siècle. Ces maisons proposent chacune différentes gammes d’oreillers, allant du simple confort au produit d’exception.

Nos critères

Fermeté

La fermeté de l’oreiller va être le premier critère à considérer, et probablement le plus complexe. Selon la position dans laquelle nous nous endormons, le degré de fermeté devra être plus ou moins élevé122,123.

Degrés de fermeté

Il existe différents degrés de fermeté. Cela peut être un casse-tête car les fabricants n’utilisent pas tous les mêmes nominations. Certains regroupent des degrés sous la même appellation, tandis que d’autres les séparent. Par exemple, Pyrenex propose une catégorie « Oreillers souples » et une autre « Oreillers moelleux », alors que Castex et Drouault utilisent l’appellation « Oreillers moelleux » uniquement124.Néanmoins, nous avons réussi à regrouper les degrés les plus communs. Il en existe trois. Nous les avons classés ci-dessous par ordre croissant de fermeté.
  • Souples. Aussi parfois nommés « oreillers plats » ou « moelleux ». Le garnissage est ici de faible densité. Ils offrent un soutien mou et malléable. Ces oreillers sont généralement peu épais125.
  • Médiums. Autrement appelés « mi-fermes », il s’agit là des oreillers donnant cette sensation enveloppante recherchée. Ils sont idéaux pour les personnes qui ont besoin de peu de soutien. Ils présentent peu de résistance et s’adaptent donc facilement à la tête et au cou du dormeur.
  • Fermes. Souvent lourds, ces oreillers ne s’écrasent pas sous le poids de la tête.

Accueil et maintien

Après les degrés de fermeté, nous estimons nécessaire d’aborder les notions d’« accueil » et de « maintien »126. Il n’est pas rare de voir ces termes dans certains descriptifs. Nous faisons rapidement le point.

  • Accueil. Cela correspond à la première impression ressentie en posant sa tête sur l’oreiller.
  • Maintien. Il s’agit de la capacité de l’oreiller à soutenir la tête et à la maintenir correctement alignée avec la colonne vertébrale. On parle aussi parfois de « soutien ».

Identifier ses habitudes de sommeil

Une fois la notion de fermeté assimilée, nous pouvons mieux sélectionner l’oreiller qui nous correspond. Nous avons compilé le tableau ci-dessous. Il s’agit d’un récapitulatif des oreillers à choisir en fonction de la position empruntée pour dormir.
Sur le ventreSur le côtéSur le dos
Oreillers souples
Oreillers médiums
Oreillers fermes
Quelques mots sur les gabarits pour les dormeurs sur le côté.
  • Pour les petits gabarits. Si la personne a de petites épaules et dort sur le côté, on aura tendance à privilégier un oreiller médium.
  • Pour les personnes à forte corpulence. A l’inverse, si la personne est bien bâtie avec de grandes épaules et s’endort de côté, on s’orientera davantage vers un oreiller plus ferme.
Quelques mots sur les douleurs127.
  • En cas de douleurs lombaires: nous recommandons de dormir sur le côté et de choisir un oreiller médium ou ferme.
  • En cas de douleurs aux épaules: nous recommandons de dormir sur le dos et de choisir un oreiller médium.
  • En cas de douleurs aux cervicales: nous recommandons de dormir sur le dos et de choisir un oreiller souple.

Comment s'assurer du bon choix ?

Face aux nombreuses possibilités précédemment évoquées, le choix peut s’avérer difficile. Il est donc important de prendre en compte les préférences personnelles de chacun. Par exemple, même si une personne est de forte corpulence et dort sur le côté, elle prendra un oreiller ferme mais peut-être avec un accueil plus moelleux.Nous avons conscience qu’il peut être difficile de se rendre compte de la fermeté sans essayer l’oreiller. De plus, une semaine à dormir sur l’oreiller qu’on a choisi est souvent nécessaire pour se faire une bonne idée. Étant donné qu’il s’agit d’un investissement à long terme, autant bien choisir.Ainsi, nous recommandons les solutions suivantes :
  • Essayer l’oreiller chez soi. Comme pour la chaise de bureau, nous suggérons d’essayer les produits car la morphologie de chacun est différente. Les fabricants que nous avons sélectionnés proposent tous des politiques de retour avantageuses, oscillant entre 14 et 30 jours128,129,130, permettant au client de se faire un avis chez lui.
  • Essayer l’oreiller en magasin. Il existe de nombreuses boutiques dans lesquelles les produits que nous proposons sont disponibles. Nous pensons notamment à La Maison de l’Oreiller. Même si le test sera bien plus court en comparaison avec une utilisation durant plusieurs nuits, il s’agit selon nous d’une bonne alternative.
  • Regarder des vidéos de tests. Certains fabricants ou revendeurs s’amusent à placer des objets lourds sur l’oreiller pour observer l’efficacité de sa fermeté. Là encore, La Maison de l’Oreiller propose de telles revues.
Divers sites proposent des questionnaires131,132,133 pour orienter le client vers le type d’oreiller à sélectionner. Même si nous pensons que l’intention est louable, nous préférons conseiller au dormeur un essayage de l’oreiller, tant le ressenti est important.Rappelons-le, quel que soit l’oreiller choisi, l’essentiel est que la forme de l’oreiller soutienne la courbure cervicale. La forme doit en effet pouvoir s’adapter à la plupart des positions de sommeil du dormeur134.

Densité

Une fois que l’on a pris connaissance de la fermeté nécessaire, nous devons nous concentrer sur la densité. On parle là du poids du garnissage. Il a son importance car il est en corrélation avec la fermeté.

Nous l’avons vu, le garnissage naturel se compose de plumettes et de duvet. Deux choses sont à retenir :

  • Plus un oreiller contient de plumes, plus il est dense, plus il sera lourd et ferme
  • A contrario, plus il contient de duvet, plus il sera léger et souple

La densité du garnissage se traduit avec la balance entre plumettes et duvet135. Nous avons récapitulé les principales compositions types dans le tableau ci-dessous.

CompositionsDétails
100% plumettes
70% plumettes + 30% duvet
Oreiller avec un accueil plein de ressort
50% plumettes + 50% duvetOreiller avec un équilibre correct entre moelleux et ressort
30% plumettes + 70% duvetOreiller avec un accueil moelleux
10% plumettes + 90% duvet
100% duvet
Oreiller avec un gonflant et un moelleux donnant une sensation incroyable d’enveloppement

Formes

Carré ou rectangle ? La question se pose car les prix et le garnissage peuvent être identiques. Il s’agit là des deux formes les plus répandues et elles ont leur importance.

En effet, une étude Coréenne datant de 2020136 indiquait que la forme de l’oreiller était l’un des principaux facteurs à l’origine de symptômes qui pouvaient perturber le sommeil.

Nous recommandons la forme rectangulaire – aussi appelée « format américain » – pour les oreillers de sommeil, et ce, pour les raisons suivantes :

  • Ils prennent moins de place en hauteur. Par rapport à leurs homologues carrés, les oreillers rectangulaires laissent d’avantage d’espace sous la couette. Cela donne un confort supplémentaire, notamment pour les personnes de grande taille.
  • La surface de contact avec la tête est plus large. Nous l’avions vu au début de ce guide, nous bougeons en moyenne une trentaine de fois durant la nuit, parfois plus137. Le fait que l’oreiller soit plus large introduit moins de gênes car le dormeur peut se retourner sans se soucier que sa tête tombe sur le matelas.

Même si elle est massivement choisie par les français138, nous n’aimons pas la forme carrée pour les oreillers de sommeil. Nous pensons en effet, que ces derniers prennent trop de place. Cet inconvénient physique incite d’ailleurs beaucoup de dormeurs à plier leur oreiller en deux, ce qui peut entraîner des douleurs139.

Néanmoins, la forme carrée n’est pas à jeter. Bien au contraire, nous pensons qu’elle est la plus adaptée pour un oreiller de lecture. La surface étant plus large, le maintien du dos sera plus grand et la posture sera bien meilleure140.

Tailles

Le standard 50 x 70 cm

En format rectangulaire, la taille standard d’un oreiller est de 50 x 70 centimètres. Beaucoup de marques de literie proposent des taies pour cette taille. Il en existe d’autres mais nous avons choisi d’aller au plus simple.

Considérer le gonflant dans les dimensions pour les taies

Étant donné que nous conseillons des oreillers à garnissage naturel, ces derniers peuvent être très gonflant à cause d’une présence de duvet importante (e.g. oreiller 100% duvet). C’est la raison pour laquelle il peut être intéressant, avec de tels oreillers, de choisir une taie légèrement plus grande que les dimensions 50 x 70 cm.

Nous avons découvert lors de nos recherches que certaines maisons, comme Alexandre Turpault, Garnier-Thiebaut, Olivier Desforges, ou Yves Delorme, proposent de telles taies aux dimensions 50 x 75 cm et non 50 x 70 cm.

Cela peut éventuellement être utile si l’on veut éviter de compresser l’oreiller dans la taie. Avoir ces 5 centimètres supplémentaires permettra de préserver tout le gonflant141.

Même si la dimension standard d'un oreiller rectangulaire est de 50 x 70 cm, certaines maisons proposent des taies de 50 x 75 cm. Ces 5 centimètres supplémentaires peuvent être utiles pour ne pas compresser son oreiller, et ainsi préserver son gonflant. © Garnier-Thiebaut

Notre sélection

Avant de dévoiler les oreillers que nous avons choisis, rappelons brièvement nos critères :

  • Garnissage naturel uniquement
  • Différents degrés de fermetés : souples, mediums et fermes
  • Une forme rectangulaire aux dimensions de 50 x 70 centimètres
  • Trois fabricants français retenus : Pyrenex, Castex, et Drouault

Pour les personnes s'endormant sur le côté

Pour les personnes s’endormant sur le côté, nous recommandons des oreillers assez fermes. Les oreillers conseillés dans le paragraphe suivant, pour les personnes dormant sur le dos, seront aussi des choix à considérer.

MarquesModèlesGarnissages
PyrenexModulo Ferme50% duvet, 50% plumettes
PyrenexSoulor30% duvet, 70% plumettes
PyrenexLaruns10% duvet, 90% plumettes
CastexDuvet-Plumettes30% duvet, 70% plumettes
DrouaultEverest30% duvet, 70% plumettes

Pour les personnes s'endormant sur le dos

Pour les personnes s’endormant sur le dos, les oreillers seront davantage mediums.

MarquesModèlesGarnissages
PyrenexChamonix90% duvet, 10% plumettes
PyrenexSoulor30% duvet, 70% plumettes
CastexDuvet-Plumettes30% duvet, 70% plumettes
DrouaultConcordia90% duvet, 10% plumettes
DrouaultAnchorage90% duvet, 10% plumettes
DrouaultBering60% duvet, 40% plumettes

Pour les personnes s'endormant sur le ventre

Pour les personnes s’endormant sur le ventre, l’oreiller doit être souple et plat.

MarquesModèlesGarnissages
PyrenexUltra Moelleux Gujan90% duvet, 10% plumettes
PyrenexModulo Plat50% duvet, 50% plumettes
CastexPlat Naturel30% duvet, 70% plumettes
DrouaultConcordia90% duvet, 10% plumettes
DrouaultAnchorage90% duvet, 10% plumettes
DrouaultAnnapurna70% duvet, 30% plumettes

Les oreillers d'exceptions

Nous aimerions également mentionner quelques oreillers dits « d’exception ». Ils sont en effet composés soit de duvet d’oie venant de France, soit de duvet de canard de très grande qualité.

Les grands amateurs de duvet pourront le certifier ; le gonflant de ces oreillers est inégalé. Nous l’avons vu précédemment, les oreillers entièrement composés de duvet ne sont pas forcément adaptés à toutes les positions d’endormissement (e.g. personnes dormant sur le ventre, personnes aux grands gabarits, etc.). Néanmoins, nous pensons qu’ils peuvent convenir au plus grand nombre. C’est la raison pour laquelle nous les mentionnons.

Nous recommandons de tester ces oreillers, plus que tous les autres mentionnés jusqu’à présent, en magasin. L’investissement ici étant plus conséquent (i.e. en moyenne supérieur à 300€), un mauvais choix pourrait être effectivement un coup dur pour le porte-monnaie.

Par ailleurs, nous pensons qu’il ne s’agit pas d’un bon premier achat. Souvent, le passage à un oreiller à garnissage naturel est une nouveauté. Ainsi, vouloir un premier oreiller au garnissage naturel avec un duvet d’exception peut s’avérer être une acquisition décevante.

Nous aimons les oreillers haut de gamme de la marque Pyrenex. Nous les utilisons depuis plusieurs années et n’avons jamais été déçu. Nous apprécions ce fabricant français en particulier à cause de sa gamme « Legend 1859 ». Elle est basée sur un duvet de canard blanc des Pyrénées dépassant les caractéristiques du duvet d’oie, réputé pour sa rareté et son incroyable confort.

La différence entre tous les modèles cités sera principalement au niveau des finitions, notamment de l’enveloppe. Nous avons également mentionné le modèle « Megève » qui est, à notre connaissance, le seul en duvet d’oie blanche à ce niveau de gamme.

ModèlesGarnissagesCompositionEnveloppe
Megève90% duvet, 10% plumettesDuvet d’oie blanche de France
  • Tissu satin, 150 fils/cm²
  • 100% coton peigné, blanc
  • Finition cassette, double passepoil satin gris
Campan Plus100% duvetDuvet Legend 1859
  • Tissu satin, 159 fils/cm²
  • 100% coton, blanc
  • Finition double piqûre
Campan100% duvetDuvet Legend 1859
  • Tissu satin, 159 fils/cm²
  • 100% coton, blanc
  • Finition double piqûre
Bedous100% duvetDuvet Legend 1859
  • Tissu satin, 98 g/m²
  • 100% coton, blanc
  • Finition passepoil gris chiné
Legend100% duvetDuvet Legend 1859
  • Tissu jacquard, 155 g/m²
  • 100% coton, blanc
  • Finition passepoil satin gris

Entretien

Avant de clôturer ce guide, nous souhaitons mentionner quelques astuces sur l’entretien de l’oreiller. Ce dernier étant un investissement, nous estimons nécessaire de partager les moyens qui augmenteront sa durée de vie.

Après l'achat

Juste après avoir acquis un oreiller, même s’il est compréhensible de vouloir l’utiliser pour la nuit suivante, nous recommandons les actions ci-dessous.

  • Laisser l’oreiller reprendre son gonflant pendant les 24 premières heures. En effet, la pièce de literie en duvet vient souvent dans un emballage qui l’a comprimée. Afin qu’elle retrouve tout son gonflant, il est préférable de la sortir, la tapoter légèrement, et attendre une journée avant de pouvoir l’utiliser.
  • Se munir d’une sous-taie. Cette dernière, aussi appelée « protège-oreiller », ou plus communément « housse de protection », permettra de limiter les traces jaunes142. Celles-ci sont, rappelons-le, dues à la transpiration et à notre bave. La sous-taie peut également protéger contre les traces de crèmes de nuit. Cette couche de tissu supplémentaire permet également de limiter la prolifération d’acariens et ainsi, de réduire le besoin de laver son oreiller au cours de l’année143.

Quotidien

L’oreiller étant la pièce de literie qui assure le bon maintien des cervicales et de la nuque, il est important de s’assurer que le garnissage ne s’affaisse pas.

Ainsi, afin d’entretenir le gonflant et s’assurer qu’il soit bien réparti, nous recommandons de le tapoter chaque matin, et/ou chaque soir avant le coucher, afin de l’aérer correctement.

Cette action simple, qui ne prend que quelques secondes à exécuter, permettra de prolonger la durée de vie de l’oreiller.

Annuel

Le lavage d’un oreiller au garnissage naturel peut être un casse-tête. Selon les fabricants, les instructions ne seront pas les mêmes. Néanmoins, il est souvent recommandé de laver son oreiller une fois par an.

Pour se faire, il existe plusieurs solutions que nous détaillons ci-dessous.

Exposition au soleil

Par journées ensoleillées, notamment durant l’été, laisser son oreiller exposé plusieurs heures représente une manière naturelle de l’entretenir.

En effet, les rayons permettent d’éliminer les acariens et de sécher l’oreiller. Le laisser à l’extérieur permet également d’éliminer certaines odeurs et d’avoir une sensation de frais.

Néanmoins, pour un lavage en profondeur, il convient de se référer aux deux autres méthodes mentionnées ci-dessous.

Exposer son oreiller en duvet au soleil annuellement est la méthode la plus simple pour le nettoyer et prolonger sa durée de vie. © Resthouse Sleep

Au pressing

En faisant appel à un professionnel, peu de chances de se tromper. Certains pressings, en particulier ceux qui utilisent des produits biologiques, sont tout à fait capables de laver un oreiller en duvet.

A la maison

Dernière méthode, la plus souhaitable mais aussi la plus complexe. Afin de laver correctement son oreiller en duvet chez soi, selon le fabricant choisi, il convient de regarder les instructions qui ont été fournies. Néanmoins, nous avons vu qu’il existait des bonnes pratiques à suivre afin de ne pas endommager cette pièce de literie. Nous les listons ci-dessous.

  • S’assurer de l’état de l’enveloppe. Première chose à vérifier, si l’oreiller est décousu, le garnissage se perdra dans le tambour de la machine. Il convient donc de vérifier qu’aucun trou n’est apparent144.
  • Lavage en machine au cycle approprié. Inutile de prendre un programme très complexe, un cycle doux – 400 tours par minute suffisent – avec un niveau d’eau élevé feront très bien l’affaire145. En ce qui concerne la température, nous recommandons de ne pas dépasser les 30°C. Ne pas hésiter à effectuer ce cycle plusieurs fois afin de retirer toute la lessive.
  • Une lessive neutre. Nous suggérons d’en utiliser une avec un pH neutre et en petite quantité. A noter que certains fabricants, comme Pyrenex, donnent certains flacons de lessive lors de l’achat d’un de leurs produits.
  • Pas d’assouplissants. Ces derniers pourraient effectivement détériorer le duvet146.
  • Séchage au sèche-linge uniquement.Il est impératif de ne pas sécher son oreiller à duvet en le tordant, ni en le laissant à l’air libre ; avec ces méthodes, des micro-moisissures peuvent se former à l’intérieur du garnissage, ce qui pourra ensuite induire certaines odeurs et gêner durant les nuits. Le séchage doit donc se faire en machine, avec une température inférieure à 50°C.
  • Présence de balles de séchage. Nous parlons bien ici de « balles de séchage » et non de « balles de lavage ». Ces balles produisent un effet mécanique qui facilite le passage de l’air chaud au cœur du garnissage. Cela permet de retrouver le gonflant.
    Il est à noter que les balles de séchage peuvent être remplacer par des balles de tennis. Cependant, nous conseillons les balles de séchage en laine qui, contrairement à leurs homologues que l’on aperçoit sur les cours de Roland-Garros, ne contiennent pas de microplastiques et ne laisse aucune couleur sur le linge147.

Recyclage

Bien qu’il supporte notre tête en moyenne 3000 heures par an148, l’oreiller n’est pas éternel. Afin de connaître sa fin de vie, il suffit de le plier en deux et d’observer.

  • Si l’oreiller revient à sa forme initiale, il peut encore être utilisé.
  • Dans le cas contraire, cela signifie qu’il ne pourra plus correctement assumer sa fonction de maintenir notre colonne dans un bon alignement.

Nous l’avons mentionné plus haut dans ce guide, le duvet peut être recyclé. En France, une taxe obligatoire est apparue en 2018 afin de financer la filière de recyclage des produits de literie, notamment ceux en garnissage naturel149. Elle est nommée « l’éco-participation »150.

L’organisme qui gère ce système de recyclage est ecomaison. Le site web propose un système de recherche afin de trouver un point de collecte près de chez soi151. En déposant ses articles dans ces endroits spécifiques, le duvet connaît une seconde vie.

L'organisme ecomaison permet de trouver des points de collecte afin de recycler les pièces de literie en garnissage naturel. © ecomaison

Il peut par exemple être utilisé pour fabriquer du compost. Rappelons qu’il faudra entre deux et six mois pour créer cette matière, contre 200, voire 400 ans, pour que les matériaux synthétiques, tel que le polyester, soient complètement dégradés152.

Aussi, le duvet recyclé, aussi trouvable sous les appellations « duvet couché » ou « duvet éco-responsable » sur certains produits, permettra à des budgets plus modestes de se procurer des produits de literie de qualité. Même si ces derniers auront un gonflant moins important et des caractéristiques thermorégulatrices moins intéressantes que du duvet neuf, qu’il s’agisse d’oreillers ou de couettes, ils ne seront pas toxiques pour la santé.

Sources

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  139. « Comment choisir son oreiller ? » [Archive], Maison de la Literie, 2023, consulté le 21 octobre 2023
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  142. « Pourquoi les sous-taies de protection sont-elles si importantes ? » [Archive], M.P.C Maison, 2022, consulté le 15 novembre 2023
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  145. « Lavage et séchage des produits en duvet et en plumes » [Archive], duvetsuisse, 2023, consulté le 15 novembre 2023
  146. « Comment laver une couette garnie de plumes et duvet ? » [Archive], Pyrenex, 2020, consulté le 15 novembre 2023
  147. « Boules de séchage en laine » [Archive], Candy, 2020, consulté le 16 novembre 2023
  148. « Manque de sommeil : les symptômes fréquents des nuits blanches » [Archive], calida, 2023, consulté le 18 novembre 2023
  149. « Où jeter les oreillers et couettes ? » [Archive], Tediber, 2023, consulté le 19 novembre 2023
  150. « Éco-participation » [Archive], Wikipédia, 2010, consulté le 21 novembre 2023
  151. « Trouvez un point de collecte pour recycler » [Archive], ecomaison, 2023, consulté le 16 novembre 2023
  152. « Le duvet et les plumes sont une merveille de la nature » [Archive], duvetsuisse, 2020, consulté le 24 novembre 2023

La Rédaction du Guide Qualité

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